L’observatoire de Besançon a participé à l’interprétation des mesures de composition de Titan et d’Encelade lors d’un survol récent de ces deux lunes de Saturne par la mission NASA Cassini. Titan, la plus grosse lune de Saturne et la seule à être pourvue d’une atmosphère, contient une large fraction de méthane dont la destruction par la lumière du Soleil explique sa teinte orangée. La présence de ce méthane atmosphérique demeure énigmatique car il est détruit en seulement quelques millions d’années. Si le méthane présent dans l’atmosphère de Titan était essentiellement approvisionné par ses lacs et rivières, il aurait disparu depuis plusieurs milliards d’années.
Alors d’où vient-il ? En exploitant les données de Cassini, une équipe internationale de chercheurs est parvenue à exclure une hypothèse : celle d’une réaction hydrothermale où l’eau liquide présente dans le sous-sol de Titan interagirait avec la roche et approvisionnerait ainsi l’atmosphère en méthane. Dans ce cas, les chercheurs ont trouvé que le rapport deutérium sur hydrogène observé dans le méthane atmosphérique de Titan n’est pas compatible avec une origine géologique. A la place, leur analyse suggère que Titan aurait capturé le méthane au moment de sa formation il y a 4,5 milliards d’années et pourrait encore contenir jusqu’à 1300 fois la masse actuelle contenue dans l’atmosphère. Une interprétation similaire a été fournie concernant l’origine du méthane observé dans les panaches d’Encelade.
Un communiqué de presse détaillant ces découvertes est disponible sur le site web de la mission Cassini hébergé par le Jet Propulsion
Laboratory :
http://saturn.jpl.nasa.gov/news/cassiniscienceleague/science20091207/
Contact à l’observatoire de Besançon : Olivier Mousis.